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Équateur : comment on a battu le record du 1500 m à l’aéroport de Madrid

Attention chères lectrices, chers lecteurs : pour notre premier voyage en Équateur, je vais réussir l’exploit de vous pondre un texte court (si, si) qui contient OBLIGATOIREMENT les mots suivants :

Donc. La veille de notre départ, on apprend qu’une partie du trajet est vol annulé. Oui, la veille. La veille. Plus de Madrid – Lima. Pardon ? On fait comment pour choper le Lima – Quito ? On y va à la nage avec nos passeports coincés entre les dents ?

Bref, à force de remuer ciel, terre et compagnie aérienne (principalement ciel, du coup), on décroche un vol de remplacement. Mais avec une escale de 1h à l’aéroport de Madrid.
« Aucun problème », nous dit-on. « Le transfert se fait en 50 minutes. »
Aaaaaah, tout va bien. On aura même le temps de se manger trois tapas et de faire un numéro de jonglage avec nos bagages cabine.

Sauf que, comme tout bon départ en avion vers l’Équateur, rien ne se passe comme prévu.

Ce n’est pas 10 minutes de retard (trop simple). Ni 20 (facile). Ni 30 (intermédiaire). Non : 35 minutes. Haha.
À peine posés sur le tarmac madrilène, on bondit de nos sièges, prêts à bousculer tout obstacle humain susceptible de ralentir notre destin (spoiler : aucun petit vieux à canne en vue, malheureusement pour la dramaturgie). L’hôtesse a à peine le temps de nous lâcher un « suerte » (bonne chance). Elle est adorable. Elle sait.

On n’a plus 50 minutes : on en a 25.
Et là, on tente le record mondial du 1500 mètres aéroport de Madrid (avec un sac de 10 kg et la dignité qui traîne derrière).
Escaliers, portes, ascenseurs, contrôle, métro… tout y passe. Et les minutes aussi.

À bout de souffle, suintants, le regard d’athlètes olympiques en fin de carrière, on arrive devant la porte du vol Madrid – Lima.
Fermeture des portes : moins une seconde.
Record battu. On rentre triomphants dans l’avion, prêts à signer des autographes et à réclamer une médaille en plastique.

Quelques avions plus tard, nous voilà fringants à Quito. Nous, on est là. Mais pas nos bagages.
Nos valises, elles, ont décidé de vivre leur meilleure vie sur le tarmac madrilène. Les nulles.
Moralité : nous sommes plus rapide qu’une valise. Titre honorifique, certes, mais qui ne nous aide pas à nous rhabiller : tous nos vêtements sont devenus officiellement madrilènes.

Encore quelques coups de fil, et là : miracle administratif. On a droit à 400 € pour les premières nécessités et quelques vêtements.
À ce moment précis, Émilie a foncé vers les boutiques, telle une pretty woman version baroudeuse.
« Premières nécessités », on a dit, Émilie… Et tu n’as que 1h : on a un bus à prendre. Haha.

(Photo prise dans le bus qui nous emmène voir les baleines à Puerto López : à l’intérieur, quelques nouveaux vêtements… et une joie immense de ne pas voyager en maillot de bain.)

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