Je suis asthmatique

et alors ?

L’asthme et la randonnée : les treks longue distance me sont interdits ? Je ne suis pas capable de monter des montagnes ? Peut-être que toi aussi, tu es asthmatique et que tu te poses les mêmes questions. Tu trouveras ici des conseils très concrets : un plan de bataille contre l’asthme en randonnées !

L’asthme, c’est quoi ? 

Il existe deux sortes de crises d’asthme : La crise déclenchée par une allergie et la crise déclenchée par l’effort. En voyage, on peut être soumis aux deux….Mince ! Mais c’est pas cela qui va t’arrêter n’est-ce pas ?!

 

La crise d’allergie ?

Elle se déclenche donc par contact avec un élément allergène. Logique. A priori, tu connais déjà cela, coincé dans le cabinet de ton allergologue… Les petits pics, le jolie quadrillage sur ta peau rougissante… Si tu as fait les examens, tu n’as donc pas trop d’inquiétudes à avoir. Tu connais ta petite liste de trucs à éviter. Pour être plus clair : si tu déclenches des grosses allergies au cheval et au foin, ne va pas te risquer, à un trek à cheval (à ce sujet, as tu lu notre aventure “chevaleresque” au Kirghizistan ? lors d’un trek vers le lac Kol Ukok)

Pour ma part, le cheval ne m’a trop posé de problème mais la nuit dans une yourte poussiéreuse : Aïe ! C’est pourquoi, je ne fais jamais un voyage sans me préparer. Une bonne semaine avant le départ : antihistaminiques tous les soirs. Et je continue le traitement sur place. Prends conseils chez ton médecin.

En montagne, le point positif pour les sensibles et les asthmatiques c’est l’absence de pollution. Ah, on respire mieux ! L’inconvénient c’est souvent que l’air est plus froid et sec. Au-dessus de 2000m d’altitude, on commence à manquer d’oxygène…Hum, ça nous arrange pas trop !  Autant d’éléments propices pour déclencher la fameuse crise d’asthme d’effort.

 

L’asthme d’effort ?

C’est une crise d’asthme qui se déclenche le plus souvent quelques minutes après le début d’un exercice physique ou à la fin de l’activité. Mais elle peut se déclencher aussi lorsque l’effort s’intensifie comme lors d’une randonnée en montagne.

Concrètement, pour moi, dès que ça commence à grimper, c’est la galère ! Essoufflement, cœur qui s’accélère, toux sèche, respiration sifflotante et très désagréable sensation d’oppression dans le thorax…

 

Si la crise d’asthme est là, que faire ?

4 étapes

1 . Tu ne te poses pas de questions, tu arrêtes ta randonnée un instant.

Je ne te dis pas de faire demi tour… Juste te “pauser” quelques minutes. Prends ton médicament de crise. S’il s’agit d’aérosol doseurs (Type Ventoline) : 2 bouffées (sans oublier de vider l’air dans tes poumons avant). Pour un inhalateur de poudre : 1 inhalation (sans oublier de te rincer la bouche après). Retire les éventuels éléments déclencheurs : allergènes, fumées, froid…

2 . Si au bout de 10 à 15minutes, tu ne constates pas d’amélioration,  recommence 2 bouffées de ton aérosol ou 1 inhalation de poudre.

3 . 10 à 15minutes de plus…Toujours pas mieux ? Recommence. Tu peux prendre 2 à 4 bouffées de ton aérosol ou 2 inhalations de poudre.

4 . Normalement une crise doit s’arrêter au bout de 6 à 8 bouffées d’aérosol (ou 3 à 4 inhalations de poudre). Si ce n’est pas le cas, c’est une crise sévère. Il est alors recommandé de contacter les secours. Tu peux multiplier les prises de ton médicament en attendant les médecins.

Les facteurs déclencheurs

Il existe des facteurs de risques à la crise d’asthme sévère : tendance à faire des crises d’asthme régulières ou dès le petit matin ; arrêt brutal de la prise de corticoïdes en comprimé ; non respect du traitement de fond pas respecté, hospitalisation pour une précédente crise dans l’année en cours… Si ces facteurs sont présents. Je ne pense pas que se soit le bon moment pour tenter une ascension.

Bon, c’est pas très drôle mais on doit connaître ces éléments. Pour te rassurer, lors de mes treks, j’ai appris à adapter le rythme et à faire des pauses quand il faut. Du coup j’ai rarement  eu besoin de traitement d’urgence.  Cela dit, si après la deuxième prise, ma crise n’est pas calmée, peut être faut il songer à faire demi-tour et de mieux te préparer.

Comme dit Mike Horn « On n’atteint pas toujours son objectif. Ce n’est pas une raison pour renoncer ».

Adolescente, j’étais du genre à brandir fièrement mon certificat médical pour échapper aux fameux cross du collège. Mais quelle bêtise ! Depuis que je voyage, je reprends les activités sportives. Et en plus, c’est bon pour la confiance en soi.

 

Comment prévenir l’asthme en randonnée ? 

Prépare ton trek à l’avance : c’est la clef ! 

La solution numéro 1 ! Comme le recommande l’OMS (organisation mondiale de la santé), la meilleure prévention c’est l’exercice physique régulier. Les sports d’endurance (footing, randonnées, natation…) sont largement conseillés pour les asthmatiques. La pratique de l’endurance chez les asthmatiques permet de développer les capacités respiratoires et de renforcer les muscles (notamment ceux du diaphragme). Elle augmente progressivement la tolérance à l’effort. Elle diminue l’essoufflement et l’intensité des crises. Si tu pratiques une activité physique régulière, tu verras vite une progression. Tu augmenteras rapidement tes performances.

Plusieurs mois avant un trek, je déclenche mon plan de bataille : footing régulier et randonnée avec le sac à dos (en augmentant le poids). Je me fixe des petits objectifs pour progresser : jusqu’ à l’arbre suivant, Chacun son style. L’idée est de repousser ses limites à chaque fois, sans se fixer des objectifs trop élevés (pour ne pas être en échec).  Allez courage !

N’oublie jamais tes médicaments.

 Antihistaminiques, traitements de fond, traitements d’urgence… Garde bien ton traitement d’urgence (ton bronchodilatateur : aérosol ou inhalateur) à portée de main, dans ta poche ou dans une pochette de ton sac facile d’accès. de toute façon, prends conseils auprès de ton médecin avant de te lancer . Lui seul pourra dire si ton asthme est suffisamment contrôlé pour partir à l’aventure.

Il existe des traitements de fond qui permettent de prévenir l’asthme d’effort ou des protecteurs avant l’effort (ton traitement d’urgence à action rapide). Pour ma part, je dois deux bouffées de mon aérosol 10 à 20 minutes avant l’effort. Cela marche bien pour éviter la crise d’effort dès le début.

Échauffe-toi.

Il faut éviter les départs brutaux. Il faut être à l’écoute de son corps et commencer tranquille la marche !

Respire par le nez, couvre-toi, hydrate toi.

On rappelle que l’air sec et froid et le manque d’oxygène est un facteur de risque. Donc habille toi chaudement et essaye de respirer par le nez (cela réchauffe l’air). Et puis boire de l’eau C’est capital pour prévenir l’asthme et plein d’autres problèmes. Avant – Pendant – Après.

 

D’autres conseils pour gérer l’asthme et la randonnée ? Mes astuces : 

– Écoute-toi ! Avant que tous les signaux ne soient au rouge : fais des pauses pour te calmer. Aussi régulièrement que tu en as besoin. Il faut trouver ton rythme. J’ai besoin de pauses régulières pour reprendre mon souffle et éviter la crise. Mais j’ai aussi besoin de repartir assez vite pour ne pas perdre le fameux rythme.

petite pause pendant l’effort pour reprendre son souffle

 

– Trouve tes stratégies. Pour ma part, les bâtons de marche m’aident beaucoup à maintenir le rythme. Ils prennent le relais sur mes jambes aussi. La musique peut être ? Je ne l’utilise pas en marche, mais en course cela m’aide à me concentrer sur autre chose que sur le bruit de mon souffle.

– Adopte la positive attitudeBien sûr, il y a des moments de doutes. La peur de l’échec ne doit pas être un frein. On y va petit à petit. Et on éloigne les pensées négatives…BIM !µ

– Teste-toi. Et ça tombe bien, il y a pleins d’endroits super en France pour marcher. Avant mon premier défit Trek au Kirghizistan. Nous sommes allés tester ma résistance dans les montagnes du Jura. Histoire de commencer par des endroits où je me sentais en sécurité.

– Fais le plein de fer. Avant de partir, vérifie tes taux. Le fer aide au transport de l’oxygène dans le corps.

 

Je suis asthmatique et j’ai marché..! 

 3800 : C’est l’altitude maximum que j’ai atteinte sur le fameux col du Téléti, au Kirghizstan  (notre itinéraire de 2 semaines dans ce superbe pays à découvrir ici)

+ de 1000 : C’est le déniveler maximum que j’ai atteinte en une ascension.

Entre 12 et 15 : C’est le nombre de Kg sur mes épaules. Michael est entre 14 et 18 Kg.

15 : C’est le nombre de jours de marche consécutifs en Géorgie. Notre voyage d’un mois est à lire ici !

Environ 10 : C’est le nombre de trek à mon actif, auquel il faut ajouter les montées de volcans, les petites randonnées, les treks dans la jungle.

+ 4000 : C’est mon prochain objectif.

0 : C’est le nombre de fois où j’ai regretté. La surprise est toujours de taille.

C’est humble, c’est peu, mais c’est bien. Chaque nouvelle performance, aussi minime soit-elle, chaque marche est une victoire. Une victoire sur le dépassement de soi et sur la connaissance de soi.

Vers le col du Téléti (3800m) : la montée difficile en 1000m de dénivelé

 

Asthme : mon premier trek en montagne

“La vie ce n’est pas seulement respirer, c’est aussi avoir le souffle coupé” Alfred Hitchcock.

Donc, je suis asthmatique. Ma condition physique est au ras des pâquerettes.
Sauf que voilà : j’adore les pâquerettes. J’aime aussi les cailloux. Pas ceux qui ont une valeur marchande mais ceux qui ont la valeur de l’effort et le souvenir d’un endroit à part. Ceux qui se méritent, ceux que l’on va chercher loin, et même très loin…

Voici l’histoire de mon premier trek en montagne et du dernier caillou tout en haut.

Première montagne à gravir : le col du Téléti, Kirgizistan, 3800m, dans les montagnes de karakol. Notre trek est à lire ici !
Première pas, première montée : la partition musicale est lancée.
boum-boum du cœur. Sssssss-chhhh des poumons.
Tout le corps en alerte murmure : «Fais demi-tour ! ».
Première envie : « Je veux voir le caillou tout en haut ! ».

Comme une mécanique rouillée, mes jambes grincent. J’aimerais lever la tête, me tenir droite. Mais pour le moment il faut maîtriser le désordre des poumons. Trouver l’équilibre, trouver le rythme.

L’oppression dans mon thorax se fait sentir. La chaleur monte jusqu’aux joues. Les saccades du souffle, les sifflements des bronches, le tempo du cœur : ce sont des alarmes qui se transforment en toux, en pulsations dans la tête. Je suis vigilante à tous les signaux. J’ai besoin d’une pause. Je suffoque un peu.

Puis, je reprends la marche : « je veux voir le caillou tout en haut ! ». Lorsque je manque d’air : j’ai un moral d’acier. Lorsque j’ai peur d’échouer : mes jambes me portent. Puis la nature est là : elle offre des spectacles et des panoramas qui me donnent la volonté de voir plus.

À force de courage, d’un petit rythme calme et régulier, de pauses courtes : j’avance. Déjà je vois le col du Téléti se profiler. C’est le moment d’aller au bout. Petit pas, concentrée, je regarde peu le sommet…pas encore. Chaque pas est un objectif, chaque pas est une récompense.La marche est mécanique. C’est moi…juste moi et cette montagne. Je garde le rythme. Toujours le rythme !

Sommet en vue !

Je m’approche du sommet. Tais-toi mon cœur. Il faut me calmer. Il y a déjà longtemps que j’ai repoussé mes limites, mais je continue. J’avance encore, lentement. Encore quelques mètres…

a y est ! À bout de souffle, je suis là, ici et maintenant, sur le sommet. J’ai réussi ! L’exploit du dénivelé pour une asthmatique est là. Et toutes les phrases négatives – tu ne pourras pas y arriver – sont balayées d’un coup, d’un souffle et de joie. Je suis là, au sommet, vivante, libre. Les larmes me montent aux yeux… Je suis au sommet !
Le panorama est magnifique.
“Tiens il est beau ce caillou tout en haut”.
Je respire.

L’asthme : sommet et petites victoires…

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Asthme et randonnées
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A propos

Les pieds bien ancrés et la tête dans les nuages : c’était moi.
Je rêvais surtout d’ici : ailleurs, ça ne peut pas être pour moi.
Maintenant, l’envie de nature et le goût du défi : c’est à moi
Les pieds en mouvement et la tête dans les nuages : ça c’est moi.

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