Tour des Annapurna

Trek dans l’Himalaya

Ça y est, tu veux marcher sur les traces de l’alpiniste Maurice Herzog ? Dépasser tes limites, t’essouffler et braver le col à 5416m de ce trek des Annapurnas ? Embrasser du regard les sommets des Annapurnas qui excitent ton imagination aventurière ? Etre admiratif devant les sherpas portant 5 fois plus lourd que ton sac ? Alors c’est parti pour un parcours de plus de 200 km dans l’Himalaya mythique à la découverte de paysages si variés que des milliers de mots n’y suffiraient.

Ici, on fait le tour du massif des Annapurnas. L’ascension débute à environ 1000m d’altitude en bordure de forêt tropicale. On serpente à travers les cultures en terrasses, les rizières et les paysages de moyennes montagnes. La végétation est encore rieuse… Plus loin, elle deviendra rare.

Les sommets des Annapurnas se dévoilent les uns après les autres. Le chemin traverse de nombreux villages accueillants. On parcourt la magnifique vallée de Manang, pour progressivement s’émerveiller des paysages de haute montagne jusqu’au col Thorung La (5 416 m). La vue des drapeaux de prières marque la fin de l’ascension : c’est un soulagement, une fierté, une sérénité. Les yeux se posent sur le versant nord de l’Himalaya et sa région semi-désertique.

C’est parti pour la descente vers la vallée envoûtante du Mustang aux terres plus arides, ocres et aux villages à l’influence tibétaine.

temple sur le chemin du tek des annapurna
Himalaya sur le trek des annapurna près de Thorong la pass
coucher de soleil sur les annapurna
maison peinte tibétaine sur le trek des annapurna, Himalaya
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L’itinéraire du trek des Annapurnas ?

Mon itinéraire commence à Besi Sahar jusqu’à Tatopani. J’ai inclue un aller-retour d’une journée au Tilicho lake, très sympa mais exigeant. Il permet cela dit de s’habituer à l’altitude puisqu’ on reste environ à 4500m avant d’attaquer le fameux col de Thorung La pass.

Le trek peut se prolonger au delà de Tatopani, par exemple en se dirigeant vers Nayapul via Poon Hill.

Voici mes étapes d’un total d’environ 200km. Cela te donne une idée d’un parcours effectué sur les bases d’un rythme soutenu (7h de marche par jour parfois plus) laissant (trop) peu de temps au corps pour s’habituer à l’altitude. Si tu en as la possibilité, le parcours mérite quelques jours en + !

  1. Besi Sahar – Bhulbhule (étape courte étant arrivée en milieu d’apres midi à Besi Sahar)
  2. Bhulbhule – Tal
  3. Tal – Chame
  4. Chame – Ngawal
  5. Ngawal –  Shree Kirka
  6. Shree kirka – Tilicho lake – Shree Kirka
  7. Shree kirka – Thorung Phedi
  8. Thorung phedi – Thorung La pass – Muktinath
  9. Muktinath – Marpha
  10. Marhpa  – Tatopani

Voici le tracé GPS du parcours BesiSahar – Nayapul.

Trek des Annapurnas

Népal, sur le début du trek des Annapurnas, passage en moyenne montagne de l’Himalaya.

Comment on accède au départ du trek des Annapurnas ?

Souvent, les randonneurs débutent à BesiSahar. Il y a des liaisons directes en bus local depuis Katmandou et depuis Pokhara.

Depuis Katmandou, le trajet dure 7h environ. Le bus part tôt le matin de la gare routière. Difficile de te donner l’horaire exacte : cela varie régulièrement. Pour le prix, il n’est pas évident de payer la meme somme que les locaux… On te demandera surement environ 600 roupies.

Depuis Pokhara, le trajet est de 5h.

Certains randonneurs décident de prendre une jeep ou un mini-bus à partir de Besi Sahar jusqu’à Bulbhule pour s’éviter une marche de 4h sur une piste peu agréable à pied.

 

C’est facile ?

Bah pfff. C’est pas rien tout de même ! Le trek des Annapurnas est relativement difficile mais reste accessible à chacun, à condition d’être en bonne condition physique.

En tout cas, pas besoin de maîtriser les techniques de l’alpinisme ou de l’escalade : tout le parcours se fait sans crampon ou piolet. Cela dit quelques passages vertigineux, raides ou glissant nécessitent d’être attentifs et prudents (en particulier pour aller au Tilicho lake et également la partie juste après le passage du col Thorung La en direction de Muktinath). Bon, tu pourras toujours te reposer un instant et gagner en sérénité, au contact des nombreux temples que l’on croise sur le chemin…

temple chemine Annapurna

temple isolé sur les hauteurs de l’Himalaya

Quelles sont les difficultés du tour des Annapurnas ?

La difficulté numéro 2 est la longueur du trek des Annapurnas. Suivant l’endroit où tu commenceras et où tu finiras, il y a plus de 200 km à parcourir. Cela suppose donc de savoir marcher 6h par jour en pente descendante ou montante durant 17 jours ou +. Allez ! De l’entrainement avant… une bonne forme physique et du courage pendant…. ça devrait aider à venir à bout de ce trek.

La difficulté numéro 3 est le poids du sac. Bon, en fait, cette difficulté est toute relative : pas besoin de porter sa tente ou sa nourriture. On peut donc avoir un sac bien plus léger que pour d’autres treks sans hébergement ou ravitaillement possible (par exemple le trek en Géorgie Omalo-Chatili). Cela dit, tu pourras toujours t’offrir les services d’un sherpa, si porter un sac d’une dizaine de kg pose problème. Plus loin dans cet article, je te donne une idée de ce qu’il faut emporter.

et la difficulté numéro 1 me diras tu ? c’est dans le paragraphe suivant…

 

Le mal aigu des montagnes : difficulté numéro 1 du trek.

Le manque d’oxygène (hypoxie) cause différents désagréments. Voici les premiers symptômes :

  • nausée
  • maux de tête
  • insomnie
  • diminution de l’attention et des capacités à se concentrer
  • déshydratation

Si ces symptômes apparaissent dès 2000m (ce qui reste rare), il faudra peut être te faire à l’idée qu’il faudra prendre beaucoup plus de temps que prévu.  En général, les premiers symptômes apparaissent vers 3500 m. Pour diminuer les chances d’en souffrir il faudra :

  • monter progressivement (500m par jour à partir de 3500m), voire faire une pause d’une journée à 3500 et à 4500m par exemple
  • s’hydrater beaucoup
  • éventuellement s’aider de médicaments style Diamox

Si les symptômes deviennent trop importants, le seul traitement efficace est de redescendre !

 

Bien connaitre ces premiers symptômes est primordial pour prendre les mesures qui s’imposent et éviter des symptômes plus graves :

  • maux de tête insupportables
  • œdème cérébral (qui commence par une modification de l’humeur et du comportement)
  • vomissement “en jets”
  • œdème pulmonaire (crachat rosé)
  • coma

 

On n’est pas tous égaux devant ce syndrome : certains sportifs de haut niveau peuvent davantage en souffrir que des marcheurs moins entraînés. “Le déclenchement du mal des montagnes dépend de l’altitude, de la vitesse d’ascension et de la susceptibilité individuelle” (wikipédia).

La vitesse d’ascension pour ce trek du tour des Annapurnas joue beaucoup mais avoir du temps pour bien s’acclimater est un luxe : on n’a pas toujours la chance d’avoir le nombre de jours de congés nécessaires !  Enfin, même s’il faut être prudent et conscient du problème, il ne faut pas être obsédé par ce soucis : tout va bien se passer…

Pour les asthmatiques qui ont choisi de relever le défi, une vigilance et une prudence particulière s’imposent. A ce sujet, as-tu lu l’article de Emilie, asthmatique ?

passage du Thorong la pass sur le trek des annapurna

A 5400m d’altitude, on a environ 50% d’oxygène en moins qu’au niveau de la mer, mais ne t’en fais pas : ça va bien se passer !

 

Permis et formalité ?

La TIMS card (Trekkers Information Management System). D’environ  20 euros, elle permet d’assurer la sécurité  du randonneur. Rendez-vous au Bureau du Tourisme du Népal sur l’Exhibition Road à Katmandou. On te demandera donc ta date d’arrivée, date de départ, itinéraire et un numéro de contact.

Un droit d’entrée à la région de l’Annapurna. Délivré par l’Annapurna Conservation Area Program , on peut effectuer cet achat à l’entrée du parc, à Kathmandu au Nepal Tourism Board ou au bureau l’ACAP à Pokhara. Il coûte 2 000 NRs par personne. L’Annapurna étant un parc national, il faut t’affranchir de cette somme qui permet en partie de gérer le parc.

Il faut amener au moins 4 photos d’identité et un passeport.

Des postes de contrôle vérifieront que tu es en règle alors pas de triche !

On peut aussi passer par des agences (on en trouve plein dans le quartier du Thamal) pour les formalités. Moyennant finance, elles peuvent se charger de t’amener dans un bureau qui délivre les documents, t’aider à remplir les papiers et te ramener à l’agence. pourquoi pas ? Bien sûr, c’est plus cher que de se débrouiller seul, mais ça simplifie les démarches. Tu peux négocier et faire jouer la concurrence… Tu peux en profiter pour te renseigner pour un guide (cf la partie “seul ou accompagné”, plus bas) et le transport jusqu’à la zone de trek.

Le permis de trek (à ne pas confondre avec la TIMS card) n’est pas exigé pour le trek des Annapurnas.

Je profite de ce paragraphe pour rappeler les formalités d’accès au pays : un visa touriste payable à l’aéroport (photo d’identitée requise) ou à distance avant l’entrée dans le pays.

Visa 15 jours, 15 dollars – Visa 30 jours, 40 dollars –  Visa 90 jours, 100 dollars

 

Quand faire le trek des Annapurnas ?

Les périodes idéales pour le tour des Annapurnas sont le printemps ou l’automne. Le mieux : les mois avril, mai, octobre et novembre. A l’inverse, la saison de la mousson qui commence au début de l’été est compliquée : il pleut souvent, les chemins peuvent être glissant et la vue sur les Annapurnas est souvent bouchée par les nuages. De même l’hiver est à éviter : le temps est sec et dégagé, mais les températures en altitude peuvent devenir extrêmes (-40°C), et la plupart des lodges et cols sont fermés. Quand on peut voir le sommet des Annapurnas sans nuage, c’est quelque chose de magique…

Himalaya sur le trek des annapurna près de Thorong la pass
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Quel matériel pour ce trek des Annapurnas ?

Il y a plusieurs façons de gérer le poids d’un sac.

Cela va du très léger avec le minimum vital et en se débarrassant du superflu (A ce sujet, si tu y connais peu, je t’invite à faire des recherches sur le M.U.L) jusqu’au un sac lourd avec tout ce qu’il faut, voire davantage dont l’inutile !

On va ici adapté un juste milieu. Saches, cela dit, qu’au fur et à mesure de l’expérience acquise lors de nos nombreux treks, Emilie et moi sommes adeptes d’un sac le plus léger possible. Oser se débarrasser de l’inutile et du confortable devient un plaisir et ton dos t’en remerciera. Voilà un exemple de ce que pourrait ressemblait un sac de 12 – 13 kg, ce qui est largement suffisant pour ce trek.

  • Un coupe-vent imperméable
  • Une polaire, un pull
  • 3 t-shirts
  • 2-3 jours de sous vêtements
  • 2 pantalons de marche pouvant se transformer en short (il fait chaud en basse altitude !)
  • Bonnet, gants et écharpe (il fait froid le matin et le soir à 5000m d’altitude !
  • Lunettes de soleil
  • Des chaussures de marche
  • Une trousse de secours : pastille pour pasteurisé l’eau, désinfectant, pansement, anti-diarrhéique…
  • Une trousse de toilette : crème solaire, lingettes, papier wc…
  • Un sac de couchage chaud (en avril mon sac de couchage température de confort -8 était tout juste)
  • Une gourde
  • matériel photo
  • carte, guide

 

Eau, hébergement, nourriture ?

Pour l’eau c’est plutôt bien fichu : on trouve régulièrement des points de “safe drinking water” tenus par des habitants du village, des petites épiceries, des hébergements… C’est une eau qui a été portée a ébullition donc saine.

On peut également stériliser l’eau du robinet et des ruisseaux avec des pastilles ou une paille stérilisante que l’on trouve facilement en pharmacie ou dans des magasins spécialisés pour le trek. Enfin, on peut également acheter de l’eau en bouteille dans quelques épiceries mais c’est plus cher et surtout le plastique c’est pas fantastique ! On évite !

On trouve du thé facilement, à consommer sans modération puisque l’eau est portée à ébullition. En plus, il paraît que certains thés sont bons pour lutter contre le mal des montagnes…

thé népal cuisine

un thé se prépare pour un marcheur comme moi sur le trek des Annapurnas.

Pour l’hébergement, aucun problème : chaque village offre plusieurs possibilités pour dormir chez l’habitant ou dans des petits hôtels.  Le confort est souvent rudimentaire mais les prix sont bas. En tout cas, nul besoin de tente : tu trouveras toujours un endroit pour dormir dans les villages.

hébergement trek des Annapurnas

Guest house sur le trek

Pour la nourriture, à nouveau aucun soucis : on trouve des petits restaurants ou de quoi manger chez l’habitant. Les hébergements proposent souvent les repas du soir : manger et dormir au même endroit permet souvent de mieux négocier le prix ! Quelques épiceries également pour se ravitailler.

 

Le Dal bat, plat traditionnel est incontournable. c’est un mets avec du riz cuit à la vapeur et différents accompagnements comme des légumes au curry.

dal bat

le dal bat, plat traditionnel du Népal

En solo ? avec ou sans guide ? avec sherpas ?

L’éternelle question. Personnellement, je l’ai fait seul, sans guide et sans sherpa. Cela n’a posé aucun problème : le chemin est bien indiqué. Et puis on peut s’aider de sa carte ou des habitants ! J’étais également motivé pour porter mon sac. Cela dit, l’option sherpa et guide a plusieurs avantages :

  • s’alléger
  • faire marcher l’économie locale
  • mieux comprendre la culture népalaise et plus facilement rentrer en contact avec les habitants par l’intermédiaire du guide.

 

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Le trek des Annapurnas au Népal
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un tour dans le sac on Vimeo.

A propos

La marmite des voyages : je suis tombé dedans tôt. D’abord l’Europe et puis de plus en plus loin. La photographie, les treks et plus récemment la plongée : ça me passionne. Pas la peine d’insister pour partir à l’aventure : hop mon sac est déjà prêt. C’est parti ?

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